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Héberger des cyclotouristes chez soi

Une douche, un coin où poser le vélo, et un endroit pour dormir. C'est tout ce qu'on te demande, et c'est déjà beaucoup pour quelqu'un qui a roulé 90 km sous la pluie.

Deux cyclotouristes attablés chez leur hôte, casques posés sur la table

En bref

Accueillir un cycliste de passage, c'est recevoir un invité pour une nuit. Rien à déclarer, aucun revenu non plus puisque tu ne perçois rien. La paperasse de l'hébergement à titre gratuit, attestation et domiciliation, vise quelqu'un qui vient vivre chez toi. Pas quelqu'un qui repart au petit matin.

Héberger sur Bikipi ne coûte rien : ni inscription, ni abonnement, et on n'a pas prévu de version payante plus tard. Ailleurs, ce n'est pas si évident. Chez Warmshowers, créer un compte coûte 29,99 €, même si tu ne comptes qu'héberger.

Tu mets tes dates, tu réponds quand ça t'arrange, tu refuses le reste du temps. La plupart des hôtes n'accueillent que quelques nuits par an, et c'est précisément ce qui fait tenir le réseau.

Ce que ça implique vraiment

Une soirée chez toi, concrètement

On se fait souvent une montagne de l'hospitalité. En vrai, quelqu'un qui débarque après 90 km a une liste de besoins très courte.

Ce qui compte vraiment

Un endroit sec où dormir, une douche, et un coin où le vélo passera la nuit sans risque. Le reste, c'est du bonus. Beaucoup arrivent avec leur tente et demandent juste un bout de pelouse.

Une soirée type

Arrivée entre 17 et 19 h, douche, lessive à la main dans l'évier. Ensuite ça dépend des gens : parfois la carte reste étalée sur la table jusqu'à minuit, parfois la personne s'endort à 21 h. Départ tôt le lendemain.

Tu ne dois rien de plus

Ni cuisiner, ni faire la conversation, ni libérer une chambre. Dis simplement que tu manges à 20 h et que tu n'as qu'un canapé : la question est réglée avant l'arrivée. Personne n'attend un hôtel.

Combien de temps

Une nuit. C'est la règle tacite sur tous les réseaux, et c'est précisément ce qui permet aux gens de dire oui souvent. Deux nuits quand l'hôte le propose, ce qui arrive quand le courant passe.

« Je n'ai pas de chambre d'amis »

C'est le motif de renoncement le plus fréquent, et il repose sur une idée fausse de ce qui est demandé. Un canapé convient. Un bout de jardin où planter une tente convient. Un garage au sec convient à quelqu'un qui a dormi sous la pluie la veille.

Les hôtes qui proposent seulement un terrain sont souvent ceux qui accueillent le plus, parce que ça ne leur demande presque rien et qu'ils peuvent dire oui sans réorganiser la maison.

Les questions qui font renoncer

Côté paperasse : rien à faire

C'est la question qui revient le plus, alors autant l'évacuer tout de suite. En cherchant « héberger quelqu'un gratuitement », on tombe sur l'hébergement à titre gratuit et son attirail : attestation, domiciliation, case sur la déclaration de revenus. Ça n'a rien à voir avec toi. Tout ça vise une personne qui installe sa résidence chez toi, pas quelqu'un qui repart au matin.

Un cycliste de passage est un invité, comme un ami qui dort sur le canapé. Tu ne perçois rien, donc rien à déclarer : pas de bail, pas de meublé de tourisme, pas de passage en mairie. Ces obligations arrivent avec l'argent, et c'est exactement ce qui sépare l'hospitalité de la location.

Locataire, tu peux recevoir qui tu veux : ton bailleur n'a pas son mot à dire sur tes invités. Quelqu'un qui participe aux courses reste un invité ; un loyer, même petit, ferait basculer vers la sous-location. Voilà, c'est tout, on peut passer à la suite.

Ceci décrit le cas courant et ne remplace pas l'avis de ton assureur ou d'un professionnel pour une situation particulière.

L'assurance, en une question

La responsabilité civile de ton contrat habitation couvre en général les dommages dont tu serais tenu responsable envers les personnes que tu reçois, et ton invité répond de ce qu'il casse via sa propre responsabilité civile. La plupart des cyclotouristes en ont une par leur assurance habitation.

L'obligation de déclarer un occupant à ton assureur vise, là encore, quelqu'un qui vient vivre chez toi. Elle ne porte pas sur les invités de passage.

Un accident dont personne n'est responsable ne relève ni de l'une ni de l'autre, exactement comme pour un ami de passage. Et si le doute t'empêche de te lancer, une phrase à ton assureur le lève : « je reçois ponctuellement des voyageurs chez moi, à titre gratuit, est-ce que ma responsabilité civile s'applique ». Les contrats varient, la réponse est presque toujours oui.

Savoir à qui tu ouvres ta porte

C'est la question la plus légitime de toutes, et celle qui mérite le plus de précision. Voilà ce sur quoi tu peux t'appuyer avant de répondre à quelqu'un.

Le profil

Photo, description, e-mail vérifié, parfois le téléphone. Un profil vide et une demande en trois mots sont un signal en soi, et personne ne t'oblige à y répondre.

Les avis

Les commentaires laissés par les hôtes précédents disent beaucoup, y compris pour un profil récent qui n'en a qu'un ou deux. Sur Bikipi ils restent visibles après les séjours.

Quelques messages avant

Deux ou trois échanges suffisent à se faire une idée. Une personne qui répond aux questions, annonce son heure d'arrivée et raconte d'où elle vient est rarement un problème.

Le droit de dire non

À n'importe quel moment, y compris après avoir dit oui, et sans avoir à te justifier. Refuser est le mécanisme normal du système, pas un accroc.

Dire non, et poser ses limites

Beaucoup renoncent à s'inscrire en imaginant un flux de demandes impossible à gérer. En pratique tu affiches tes dates, tu retires ta disponibilité quand tu pars, et une demande hors période ne t'atteint pas.

Les limites se disent dans le profil et personne ne les prend mal : pas d'animaux, pas de départ avant 8 h, une personne à la fois, jamais en semaine. Un profil qui annonce ses contraintes reçoit des demandes qui y correspondent.

Se lancer

Ce que ça coûte d'héberger

Rien, chez nous. Créer un profil d'hôte, recevoir des demandes et y répondre ne coûte pas un centime, que tu accueilles une nuit par an ou trente, et aucune version payante n'est prévue plus tard.

Le mot « gratuit » ne recouvre pas la même chose d'un réseau à l'autre. Chez Warmshowers, l'écran d'inscription réclame 29,99 € une fois pour créer le compte, avant même que tu aies choisi ton rôle : on paie donc pour avoir le droit d'héberger. Une fois le compte ouvert, tenir un profil d'hôte ne coûte plus rien, et c'est voyager qui demande ensuite un abonnement.

D'autres réseaux francophones existent, et plusieurs ne demandent rien non plus. Si tu veux les comparer avant de choisir, le tableau complet est dans notre guide de l'hébergement gratuit.

Comparer les réseaux

Un profil auquel on écrit

Un voyageur choisit à qui il écrit sur des critères très concrets. Quatre choses changent tout, et aucune ne demande de bien écrire.

1

Une photo de toi

Pas du paysage, ni du vélo. Écrire à quelqu'un dont on a vu le visage est beaucoup plus simple, et ça vaut dans les deux sens.

2

Ce que tu proposes exactement

Canapé, chambre, jardin, garage. Précise si le vélo rentre, s'il y a une douche, et à quelle distance de l'itinéraire tu te trouves. Ce sont les informations qui décident d'une étape.

3

Ton rythme

L'heure à laquelle tu rentres, celle à laquelle tu manges, ce que tu peux faire ou non en semaine. Un voyageur cale son étape là-dessus.

4

Tes limites

Le nombre de personnes, les animaux, le tabac, les périodes où tu n'es pas là. Les annoncer évite les demandes qui ne collent pas et les refus gênants.

Les premières demandes

Elles arrivent un à trois jours avant, parfois le matin même quand le vent a tourné. Répondre vite compte plus que répondre longuement : un non rapide vaut mieux qu'un oui tardif, parce que la personne a une étape à boucler avant la nuit.

Une réponse utile tient en quelques lignes : oui ou non, l'adresse, l'heure à partir de laquelle tu es là, et où poser le vélo. Le reste se dit sur place.

Il arrive qu'une personne annule ou ne vienne pas. Ça fait partie du jeu et ça n'engage personne à rien. Prévenir dès que la journée dérape est la seule règle que tout le monde attend.

Aller plus loin

Là où les hôtes manquent

Sur toutes les cartes d'hospitalité, la densité suit les grandes véloroutes : là où passent les cyclistes, des gens se sont inscrits pour les accueillir. Le Massif central, les Landes et la Champagne restent à l'inverse des traversées où l'on ne trouve personne.

Un hôte isolé sur une traversée creuse a beaucoup plus d'effet que le centième hôte d'une grande ville. Si tu habites une de ces zones, ton profil vaut de l'or pour les gens qui les traversent.

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Quatre cyclotouristes avec sacoches sur une route de montagne

Héberger sur Bikipi

Créer un profil d'hôte ne coûte rien, et aucune version payante n'est prévue plus tard. Tu choisis ce que tu proposes, tu poses tes dates, et tu reçois les demandes dans l'appli plutôt que par mail. Accueillir ne t'oblige jamais à voyager toi-même : beaucoup d'hôtes ont arrêté les longs voyages depuis des années, et gardent la porte ouverte.

Le profil d'un hôte dans l'application Bikipi, avec ses avis et son logement

Qui est derrière tout ça

Bikipi, c'est nous deux : Clément et Pierre. On a monté l'appli parce qu'on cherchait nous-mêmes où dormir en voyage, et qu'on trouvait dommage de devoir payer un abonnement pour avoir le droit d'ouvrir sa porte à quelqu'un.

On la fait tourner à deux, sans investisseur derrière, financée par les dons de celles et ceux qui l'utilisent. Ça explique pourquoi elle restera gratuite, et pourquoi on lit vraiment les messages qu'on nous envoie. Si quelque chose te bloque pour te lancer, écris-nous, c'est l'un de nous deux qui répondra.

Nous écrire

Questions fréquentes sur l'hébergement de cyclistes

Faut-il déclarer quelque chose pour héberger un cycliste une nuit ?

Non. Recevoir quelqu'un pour une nuit sans contrepartie, c'est recevoir un invité : pas d'attestation d'hébergement, pas de domiciliation, rien à signaler. Le cadre de l'hébergement à titre gratuit, avec son attestation et sa case sur la déclaration de revenus, concerne une personne qui installe sa résidence chez toi.

Faut-il déclarer un revenu quand on héberge gratuitement ?

Non, puisqu'il n'y a pas de revenu. Sans paiement il n'y a ni bail, ni meublé de tourisme, ni déclaration en mairie : ces obligations se déclenchent avec l'argent. Accepter une participation, même petite, ferait basculer dans un autre régime.

Mon assurance habitation couvre-t-elle un cycliste de passage ?

En général oui, pour ce dont tu pourrais être tenu responsable : la responsabilité civile du contrat habitation couvre les dommages que tu causerais aux personnes reçues chez toi, et l'invité répond de ce qu'il casse via sa propre responsabilité civile. Un accident dont personne n'est responsable ne relève d'aucune des deux. L'obligation de déclarer un occupant à son assureur vise quelqu'un qui vient vivre chez vous, pas un invité d'une nuit. Les contrats varient, donc une question à ton assureur lève le doute.

Peut-on héberger quand on est locataire ?

Oui. Un locataire a le droit de recevoir qui il veut chez lui, et le bailleur n'a pas son mot à dire sur les invités. La limite porte sur la sous-location, qui suppose un paiement : accueillir gratuitement n'en est pas.

Faut-il une chambre d'amis pour devenir hôte ?

Non, et c'est le malentendu qui fait le plus renoncer. Un canapé convient, un bout de jardin où planter une tente convient, un garage au sec convient. Les hôtes qui ne proposent qu'un terrain sont souvent ceux qui accueillent le plus, parce que dire oui ne leur demande presque rien.

Est-ce qu'héberger coûte quelque chose ?

Sur Bikipi, non : créer un profil d'hôte, recevoir des demandes et y répondre est gratuit, et aucune version payante n'est prévue. Ailleurs ça dépend. Chez Warmshowers, créer un compte coûte 29,99 € une fois, même pour ne faire qu'héberger, après quoi tenir un profil d'hôte ne coûte plus rien. D'autres réseaux réservent leurs services à leurs adhérents. Le comparatif complet est dans notre guide de l'hébergement gratuit.

Suis-je obligé d'accepter toutes les demandes ?

Non, à aucun moment, y compris après avoir dit oui, et sans avoir à te justifier. Refuser fait partie du fonctionnement normal : tu affiches tes dates, tu retires ta disponibilité quand tu t'absentes, et les demandes hors période ne t'atteignent pas.

Combien de temps un cycliste reste-t-il ?

Une nuit, c'est la règle tacite sur tous les réseaux. Deux quand l'hôte le propose. Les gens accueillent des cyclistes de passage et pas des locataires, et c'est précisément ce qui leur permet de dire oui souvent.

Faut-il nourrir la personne qu'on héberge ?

Rien ne t'y oblige. Beaucoup partagent le repas parce que c'est le moment le plus agréable, mais indiquer dans ton profil que tu ne cuisines pas règle la question avant l'arrivée. Un cycliste arrive souvent avec ses courses.

Comment savoir à qui j'ouvre ma porte ?

En regardant le profil avant de répondre : photo, description, e-mail vérifié, avis laissés par les hôtes précédents. Deux ou trois messages échangés suffisent ensuite à se faire une idée, et une demande en trois mots sur un profil vide reste sans réponse sans que ça pose problème à personne.

Peut-on héberger sans jamais voyager à vélo soi-même ?

Oui, et c'est le cas de beaucoup d'hôtes. Certains ont arrêté les longs voyages depuis des années et gardent la porte ouverte, d'autres n'ont jamais fait de cyclotourisme. Rien n'oblige à la réciprocité.

Peut-on n'être disponible que quelques semaines par an ?

Oui, et c'est le cas le plus courant. La plupart des hôtes n'accueillent que quelques nuits par an. Un calendrier ouvert deux semaines en juin vaut mieux qu'un profil jamais créé, parce qu'une seule nuit disponible au bon endroit dépanne quelqu'un.

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